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 When the devil and the wolf live in the same apartment ✘ Corey

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Aylen G. Anarchy

Métamorphe

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MessageSujet: When the devil and the wolf live in the same apartment ✘ Corey   Sam 10 Oct - 20:24



« Aaaaah ! »

Un soupire résonna dans le salon de tatouage après ce cri dont la virilité ne dépassait pas celle d'une petite fille de cinq ans aux oreilles d'Anarchy La tatoueuse retira l’aiguille de la peau du grand gaillard et essuya le surplus d'encre étalé sur celle-ci cachant le début de dessin qu'avait commencé la jeune femme à tracer méticuleusement. D'habitude, Anarchy prenait des gants avec ses clients et surveillait son langage en leur présence, ce serait trop bête d'en perdre à cause de ça et elle savait de quoi elle parlait puisque la métamorphe en avait perdu au tout début, quand elle avait ouvert son salon. Cependant, il y avait une chose qu'elle ne supportait pas. Quand un client lui demandait de lui faire un tatouage sur un endroit qu'elle savait sensible, elle prévenait et proposait de le faire sur une autre partie du corps plus adaptée voire même là où il correspondrait le mieux. Seulement certains clients s'entêtaient, lui faisant croire qu'ils supporteraient mais avec le temps, Anarchy avait bien compris que ce ne serait pas le cas toutefois, elle ne refusait pas. Et là se présentait deux situations. Soit le client serrait les dents et tentait de ne rien montrer, soit il se mettait à gueuler comme un putois, laissant sa fierté derrière lui. Et dans ce dernier cas, la louve ne pouvait cacher son mécontentement et son langage "naturel" revenait à la surface.

« Putain ! Tu vas arrêter de geindre oui ?! J't'avais prévenu bordel, les flancs, c'est pas l'endroit le moins douloureux. Alors soit tu la ferme, soit j'arrête tout. »

Pour le coup, on pouvait dire qu'il l'avait fermé. Plus un son ne sortait de la bouche du gaillard qui, même assit, était pratiquement plus grand que la tatoueuse et bien plus impressionnant. Il ne répondit pas, trop étonné de la façon dont elle venait de parler. Il la regardait donc d'un air qu'on aurait put qualifier de bête, la bouche grande ouverte et les yeux ronds de stupeur; ce qui eut le don d'agacer encore plus Anarchy qui soupira de nouveau. Ce silence agaçant pour l'une et embarrassant pour l'autre fut interrompu par le bruit provenant du téléphone fixe à l’accueil du salon. La métamorphe posa proprement l'aiguille afin qu'elle ne tombe pas -le matériel, ça coûte une blinde l'air de rien- et regarda son client qui avait sursauté en entendant la sonnerie du téléphone.

« Je vais répondre, j'te laisse réfléchir à ce que tu veux faire. »

Sur ce, elle le laissa en plan au milieu de la pièce pour aller décrocher, marmonnant un simple "Ouais ?" blasé au combiné. La louve se ressaisit néanmoins rapidement en reconnaissant la voix du propriétaire de l'appartement dans lequel elle vivait depuis peu. Il y a deux ans, en arrivant dans cette ville, Anarchy avait dû prendre un taudis lui servant de lieu de vie car elle s'était ruinée en achetant son salon et tout le matériel pour tatouer. Cet enfer avait finit il y a peu de temps quand, ayant assez économisé avec les bénéfices de sa propre organisation, elle avait pu se payer le loyer d'un appartement cette fois-ci digne de ce nom. Seulement le propriétaire lui avait annoncé qu'un colocataire risquait de pointer le bout de son nez car il avait en réalité reçut deux demandes, la sienne et celui d'un autre homme et il avait accepté les deux sans le faire exprès. Bien sûr, Anarchy n'était pas enchantée à l'idée de devoir accueillir un colocataire bien qu'il y avait largement la place pour deux mais un argument lui avait fait dédramatiser les choses. Le propriétaire reconnaissait que c'était de sa faute et avait donc décidé de ne faire payer qu'un seul loyer -déjà abordable à la base- qu'ils se partagerait en deux au lieu de faire payer un loyer chacun aux deux futurs colocataires. Le propriétaire lui annonçait donc par téléphone que ce fameux colocataire allait débarqué d'ici demain matin... Demain matin ?! La jeune femme manqua de perdre patience, il aurait put prévenir plus tôt ! Ana' se remémorait l'état dans lequel était l'appartement. Bordélique de nature, il n'avait pas fallut longtemps pour Anarchy à mettre le bazar dans ses affaires qu'elle avait pourtant rangé en s'installant. Au moins l'appartement était propre, c'était déjà ça mais elle se voyait mal tout rangé en rentrant du salon ce soir. Elle ravala un soupire et se contenta de remercier le propriétaire de l'avoir prévenue avant de raccrocher pour retourner voir la calamité, toujours le cul vissé sur sa chaise, n'ayant pas bougé d'un pouce.

« Alors ? »

Demanda t-elle simplement, se doutant qu'il savait très bien de quoi elle voulait parler. Il lui fit signe qu'elle pouvait continuer de le tatouer, alors, elle reprit son aiguille pour reprendre là où elle s'en était arrêté mais à peine commencé que ses geignements avaient repris. Anarchy se contenta de lui envoyer un regard noir, se disant que cette fin de soirée allait être longue. Très longue.

***

La porte d'entrée claqua en se refermant et la métamorphe enleva ses chaussures avec ses pieds, shootant dedans pour les mettre approximativement à leur place sous le meuble de l'entrée, avançant maintenant doucement dans le couloir menant à sa chambre. Pieds nus, le parquet frais la fit frissonner et pourtant, elle se mit à se déshabiller, enlevant son haut pour le jeter au sol, semant ainsi tous ses vêtements et sous vêtements le long du corridor tel le Petit Poucet. Elle n'était pas encore arrivée dans sa chambre que sa transformation fut soudaine mais normale pour elle. Quatre pattes aux griffes cliquetant sur le sol avaient remplacées ses deux pieds nus, avec le temps, elle avait apprit à ne plus glisser sur le parquet avec celles-ci. Aussi con que cela puisse paraître, on se prenait de sacrées chutes quand on était pas habitué à ce type de sol. La louve profitait juste des derniers moments où elle pourrait se transformer dans son appartement sans qu'on puisse rien lui dire. Après, soit il s'agirait d'un humain auquel elle ne révélera sans doute pas sa métamorphie ou un métamorphe qui ne voudrait sans doute pas avoir les poils et donc l'odeur d'un autre animal dans l'appart'. La canidé entra dans sa chambre et fit un bond sur son lit, s'y étalant en fermant les yeux dans le but de s'y reposer quelques minutes afin de pouvoir attaquer plus énergiquement le rangement qu'elle se devait de faire. Comme il ne se passe jamais ce qu'elle prévoit de faire, la demoiselle fit plus qu'un simple petit somme de repos. Elle dormit toute la soirée ainsi que toute la nuit sans même avoir mangé.

Ce sont les rayons du soleil passant directement par la fenêtre du fait qu'elle n'avait pas prit la peine de fermer ses volets qui la réveillèrent. Elle grogna et mit un moment avant d'ouvrir les yeux, ne tiltant pas forcément en voyant le grand ciel bleu dehors mais quand elle tourna la tête vers son réveil, en un bond, elle était sortit de son lit et sous forme humaine. Et merde ! Le coloc' ! pensa t-elle avant de courir, nue, dans le couloir, récupérant les vêtements qu'elle avait semé la veille dans celui-ci pour aller les fourrer dans la machine à laver, s'engouffrant rapidement dans la petite cabine de douche pour se laver rapidement. Pas qu'elle était pressée de l'accueillir mais dans sa précipitation, elle avait oublié de prendre des fringues de rechange, si il avait les clefs et qu'elle sortait de la salle de bain au même moment; serviette ou pas, elle laisserait sans doute l'appartement à son colocataire et n'y mettrait plus jamais les pieds. Trop embarrassant comme première rencontre pour continuer à vivre ici. Heureusement, ce ne fut pas le cas. Le propriétaire ne lui avait pas donné d'heure précise. Elle avait eut de la chance qu'il vienne plutôt en fin de matinée. Ainsi, elle avait pu s'habiller de son habituel uniforme de lycée -bien que cela faisait un bail qu'elle n'avait pas remit les pieds dans un bahut- avec des bas à moitiés déchirés de couleur assez flashy et d'une couleur différente chacun un rose et un cyan sans soucis, ayant eut le temps d'inspecter -par habitude- toutes les cicatrices qu'elle avait sur le corps. Elles n'étaient pas très visible, preuve qu'elle se soignait bien mais ce n'était pas super esthétique non plus mais ça, la tatoueuse s'en fichait bien. Elle passa un coup de brosse dans sa chevelure étonnement multicolore plus pour enlever les nœuds que pour les remettre soigneusement en place -de toute façon il n'y avait que dans son métier qu'Anarchy faisait les chose méticuleusement-. La demoiselle louve n'eut pas le temps de faire plus, la sonnette s'était fait entendre dans toutes les pièces du lieu et elle vient donc ouvrir tel quel, se disant que ça ne servait rien de le faire attendre en rangeant un temps soit peu alors qu'il allait bien finir par comprendre que la tatoueuse n'était pas maniaque, loin de ça même. La porte s'ouvrit sur un grand inconnu qu'elle accueillit à sa manière.

« Yosh ! Je suppose que tu es le nouveau coloc', entre. »

Pas de sourire à la Colgate, ce n'était pas son genre. Juste cette réplique qui lui ressemblait plus. Anarchy était nulle pour donner une bonne impression et, au vu de son apparence et de sa manière de s'habiller, on se faisait facilement sa propre idée sur elle, alors elle ne faisait pas vraiment d'efforts pour paraître correcte. Puis à quoi bon ? Après tout c'était quelqu'un qu'elle allait côtoyé un moment maintenant qu'ils vivaient dans le même appart', il ne serait peut être jamais tout d'elle mais ça, c'était bien la chose la plus visible chez elle, la jeune femme n'aurait pas pu lui cacher plus que quelques secondes.

••••••••••

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Vandersmissen Corey


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MessageSujet: Re: When the devil and the wolf live in the same apartment ✘ Corey   Mer 14 Oct - 23:21


C’était une tendre et douce chaleur qui m’enivrait, qui cajolait mes mains froides. Tu vois, j’avais passé quelque temps dehors, appuyé contre mon taxi, et ma peau fouettée par le vent. Je n’avais pas de gant, eux qui étaient enfouit dans l’une des nombreuses boîtes trônant dans mon appartement, et je m’étais alors contenté de cacher mes mains dans les poches de ma veste. Seulement, tu t’en doutes, ce n’était pas très efficace. La brise était forte, elle s’infiltrait entre les mailles du tissu et me glaçait dès lors. J’avais toujours été très sensible aux températures basses, à l’automne qui approchait et qui apportait avec lui humidité et air transi de froid. Il est vrai qu’au village, on sentait peu le changement, les bâtiments servant de rempart, de contrefort, entre nous et le vent. Mais dans les prairies, près des falaises, il n’y avait plus aucun obstacle obstruant la brise. Elle devenait sournoise, malicieuse. C’était un diable fourbe. Au fond, tu étais chanceux d’être dans cette pièce, d’être pris entre ces quatre murs où le chauffage s’activait. Tu ne grelottais pas, tu ne claquais pas des dents.

Caressant tes joues, je longeais ta mâchoire du bout de mes doigts jusqu’à tes lèvres. Je me faufilai entre elles, les descellant, et je venais effleurer tes gencives dénudées. Il est vrai que tu ne pouvais claquer des dents, tu n’en avais plus. Elles trônaient dans un pot en verre non loin, sur la table de chevet à tes côtés, et je me plus à dessiner les trous béants qui prenaient désormais place. Il va de soi qu’ils n’avaient eu le temps de cicatriser, pas en moins d’une journée. Le sang y avait certes coagulé et je m’amusai à enlever la croûte asséchée, bien qu’encore humide dans ta bouche. Tu salivais toujours et je n’avais certainement pas pris la peine de suturer les plaies. Mes ongles passèrent sous les caillots, les délogeant un à un pour permettre à ce liquide vermeil si chaud, si réconfortant, de s’écouler à nouveau. Tu tirais sur tes liens, fermant les paupières alors que les larmes roulaient, perlaient au coin de tes yeux avant de tomber sur les draps souillés de poussières et d’urine. Des coulisses sillonnaient ton visage après coup, nettoyant la saleté et laissant apparaître ta peau si laiteuse.  

Depuis quand étais-tu entre mes mains, depuis quand dansais-tu dans mes paumes? Quelques jours, je ne croyais pas que tu avais compté. La notion du temps te faisait probablement défaut. C’était l’une des premières choses que l’on perdait dans un endroit dépourvu de lumière, de fenêtre. Il n’y avait aucun repère pour te guider ni le tic tac des horloges ni les rayons solaires ou lunaires. Tu étais plongé dans la faible pénombre nuit et jour, n’apercevant que la lueur vacillante de l’ampoule lorsque j’ouvrais l’interrupteur. Je m’excuse, je n’ai pu t’accorder beaucoup de temps cette semaine, j’avais été occupé. Elle avait été mouvementée entre le travail, les préoccupations personnelles et toi-même. Tu sais, je ne prévoyais pas rejouer de sitôt, seulement, j’avais accumulé un peu de frustration et j’avais dû trouver un exutoire. Je ne voulais pas trancher la gorge de mon propriétaire sur le pan de la porte. Du moins, de mon ancien propriétaire. Il avait vendu son immeuble à un autre et, cet autre, il avait décidé de raser le bâtiment qui se faisait plutôt vieillot. Il voulait construire quelque chose de neuf, de plus attirant que des murs délavés. Tu te doutes que les locataires ont été exclus, renvoyés sans préavis. C’est la soirée de cette nouvelle que je t’avais attrapée, mon cœur. Ça avait été sur un coup de tête, toi qui avais pris place sur la banquette arrière, les pensées perdues et chamboulées par l’alcool. Tu empestais la vodka et la téquila. Cependant, lorsque vous étiez bourrés, vous ne valiez pas mieux que les humains et vous vous déliez facilement la langue, vous racontiez votre vie, la déballant de long en large sans que je n’ai même besoin de me faire discret dans mes questions. C’était tout bonnement parfait et tu m’offrais une occasion en or de m’amuser. Je l’ai tout simplement prise.

Cet endroit, je sais qu’il ne te plaisait pas. L’odeur de rouille et les relents de moisissures devaient pourrir ton fin nez. C’était entre autres pour cette raison que je l’avais écrasé, que j’en avais broyé les os et que, désormais, il était bouché de morceaux de pierre rugueuse. Tu ne pouvais que respirer par la bouche, cette bouche qui, d’ailleurs, devait te faire souffrir le martyre. À chaque respiration, ça devait te brûler, tu devais avoir l’impression d’avaler une poignée de lames, celles des rasoirs. Assez fines pour se glisser dans ta gorge, assez aiguisée pour t’entailler aisément. Peut-être que je devrais t’en faire déguster littéralement? Je ne peux pas jouer avec toi éternellement. Bien que tu puisses me croire que j’en aurais été ravi, que j’aurais aimé passer des mois avec toi, que j’aurais aimé t’entendre gémir et geindre longuement. Cependant, toute bonne chose a une fin et je dois partir pour quelques journées. Je ne pourrais venir passer des nuits entières en ta compagnie ni même te nourrir. Je ne serais pas là et tu mourras donc de faim, ton corps te lâchera et je ne serais pas là pour te contempler rendre ton dernier souffle. C’en était hors de question. T’observer mourir, observer la vie te quitter était le moment le plus exquis, le plus envoûtant. Alors, maintenant, tu devras mourir pour moi. Veux-tu bien, ma jolie?

***

Lançant un coup d’œil à la morsure qui trônait sur ma main, je vins la porter à mes lèvres, l’embrassant doucement, la léchant et dessinant les marques de tes dents. Savais-tu, j’avais trouvé cette vue si magnifique que je n’avais pu m’empêcher de t’y emmener. À ton tour, tu profitais de cette brise fraiche, bien que sous l’eau tu ne pouvais certainement la ressentir. Les morceaux de ton corps étaient ballotés au fond de la mer par les courants. Les poids des roches te maintenaient tout contre le sable et les galets, les poissons, tes compères, venaient te grignoter. Il était dommage que je ne puisse admirer la vue, l’eau n’était pas assez claire pour me le permettre et tu y étais bien trop enfoncée. À combien de mètres étais-tu? C’était une bonne question, je n’avais pas mesuré, je n’avais fait que te lancer au bas de la falaise où les vagues se fracassaient. J’espère que la beauté des lieues te plaisait, c’était réellement magnifique. Cet endroit était peu fréquenté, les éboulis trop fréquents et la falaise trop escarpée. Elle était aussi bien éloignée de la civilisation. Tu vois, j’ai tout de même pensé à toi. Je suis allé chercher un lieu de repos paisible, une tombe qui te seyait bien. Je restai un moment ainsi, à fixer le bleu s’étaler à l’horizon. J’aurais aimé t’accompagner un peu plus longtemps, toutefois, je devais partir. J’en avais presque oublié mon rendez-vous de ce matin. Tu m’avais trop diverti. Enfin. Je te dis au revoir, dorénavant, je ne te parlerais plus puisque tu n’existes plus, tu n’es plus qu’un amas de chair inerte. Adieu, petit poisson rouge.

***

J’avais peu d’effets personnels, je ne trainais que le nécessaire. Je changeais souvent d’appartements, restant rarement aux mêmes endroits bien longtemps. Toujours être en mouvement, c’est ce que m’avait appris mon père et ces bons conseils, je les suivais. Toutefois, je me préparai à l’avance, je choisissais soigneusement mon prochain lieu de résidence. Sauf cette fois-là. Je n’avais pu prendre ce temps si précieux. Les choix étaient tout d’abord restreints n’ayant qu’un faible budget. J’admets sans mal que je ne gagnais pas un salaire des plus élevés en tant que chauffeur de taxi. Ça me convenait. Je n’avais pas choisi ce travail pour ses bons revenus. Ce n’était pas ce qui m’avait intéressé. C’était tout de même irritant d’être ainsi jeté de son appartement et, à cause de ce remue-ménage, je me retrouvai à être en colocation. Au moins, le bon côté des choses, c’est que je n’aurais plus à me soucier des finances puisque je partageais le loyer et l’autre bon point étant qu’il était aussi bien situé. Et puis, je ne pouvais me permettre de prendre plus de temps pour rechercher un autre logement. Malgré que je fus assez en colère lorsque mon nouveau propriétaire m’annonça qu’il avait malheureusement fait une erreur, ce qui avait causé la collocation. J’étais censé être seul et avec un autre dans les pattes, je n’aurais plus la même liberté. La précaution devra être de mise et je devais espérer être en mesure de contenir mes envies funestes. Il suffisait que tu sois une humaine et tout irait bien, tout serait parfait.

Quelques boîtes dans le coffre du taxi et je me présentai à l’entrée, me garant face à l’immeuble. Je fermai machinalement les portes, tirant quelque peu sur ma manche pour cacher la morsure de cette métamorphe. Je dois avouer ne pas désirer m’expliquer si l’idée te venait de poser des questions. J’étais bon menteur, certes, mais il valait toujours mieux éviter de mentir si on souhaitait ne jamais s’empêtrer dans ses mensonges. Il était facile de perdre le fil. D’un rythme lent, je cognai à la porte après avoir escaladé les escaliers avant d’apercevoir la sonnette. Machinalement, je vins aussi appuyer sur celle-ci un court moment. Je ne me fis pas insistant et t’attendis. Je n’avais d’autre choix, les clefs étaient en ta possession et je n’avais pas de double. Rapidement, j’aperçus la poignée tourner puis la porte s’ouvrir. Ma taille était dans la moyenne, bien que légèrement au-dessus, et la tienne semblait plutôt être en dessous, car je dus baisser le regard pour t’apercevoir. Tes cheveux étaient trempés, encore humides d’une douche, et ils me firent penser à la mer, à cette falaise que j’avais visitée un peu plus tôt. Cette mèche bleue m’interpella tout autant, plus que le reste. Vois-tu, j’étais encore perdu dans l’extase de ce matin, du crépuscule.  

Ce style que tu arborais me laissait de marbre, ce fut plutôt ces minces cicatrices qui décoraient ta peau qui me rendirent curieux. Instinctivement, je ne pus m’empêcher de les fixer un moment. Un court moment. Mes yeux te parcoururent alors, contemplant chacune des marques. C’était une vilaine manie que j’avais. Je trouvais ça fascinant, les blessures, les plaies du passé, et l’envie d’en rajouter me prenait de court. Je voulais en apercevoir de plus récentes. Enfin, je préférai plutôt relever le regard et lancer un coup d’œil à la pièce. Elle avait bien changé depuis la dernière fois. Les lattes de bois n’étaient plus étincelantes de propreté, elles étaient couvertes de tes vêtements, complètement ensevelies. Les meubles n’avaient pas non plus été épargnés, apercevant un soutif qui avait été laissé à l’abandon. Quant au comptoir de granite, il était désormais dissimulé sous la vaisselle. C’était, autrement dit, un vrai bordel. Après un court instant de silence, je vins enfin te répondre :

« En effet. Et j’imagine que tu es Anarchy? » Le propriétaire m’avait donné ton nom et, maintenant, je trouvais qu’il te seyait à merveille. Une valise dans une main, je poussai doucement la porte pour entrer, la laissant se refermer derrière moi dans un léger claquement. Machinalement, je me déchaussais, m’accroupissant pour délacer mes souliers de cuir. Je les retirai un à un avant de les placer en retrait et de me redresser. Sans plus de façon, je me dirigeai vers les deux chambres côte à côte, empruntant le couloir où deux personnes pouvaient aisément se tenir l’une à côté de l’autre. Je passai au-devant, te lançant un regard rougeoyant en coin par-dessus mon épaule. « Quelle chambre as-tu prise? » Il était plus efficace de te le demander directement que d’ouvrir les portes à tour de rôle. Tout comme toi, je ne souriais pas. Je n’en voyais pas l’intérêt. Après tout, on souriait quand on s’amusait et, là, je ne m’amusais pas. J’avais, en prime, la certitude que tu n’aimerais pas mes jeux, ceux qui me faisaient rire, qui me divertissaient. Alors, je crois que pour l’heure, tu aimerais sans doute davantage supporter cet air impassible que ce rire dément.
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