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 Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼

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MessageSujet: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Sam 12 Sep - 18:44

Under the Sea ♫
Houston J. Allen

   
L'été était vraiment une saison insupportable, surtout cette année : le thermomètre affichait facilement une trentaine de degré la journée, si bien que tous avaient l'impression de se retrouver sous les tropiques. Tout ce beau monde monopolisait également les plages et se doraient la pilule au soleil... pendant que moi je crevais de chaud dans mon appartement, sous le vent frais de mon ventilateur. J'avais du supporter cela pendant des semaines, hésitant presque à me retirer dans les contrées glaciales de mon réfrigérateur, mais j'avais tenu bon. Je n'étais pas mort et j'enculais (parfaitement !) profondément tout ceux disant qu'ils avaient passé un excellent été au bord de la plage ! Je ne comprenais décidément pas comment on pouvait aimer le soleil, avoir chaud, transpirer... Certes, les gens pouvaient se rincer l’œil en observant les corps dénudés et dégoulinant d'eau... mais ce n'était qu'une maigre compensation.

C'était ainsi que, un soir, il me vint la grotesque idée de sortir. D'aller à la plage dans le but de comprendre enfin tous les vertébrés friands de parasol , de crèmes solaire et de sable. Oui, moi, Call, allais à la plage pour une des premières fois de ma vie. Sans déconner. En règle générale, une panthère des neiges n'allaient pas vraiment faire trempette dans la mer. Dans des rivières, limite dans des piscines... Mais la plage accompagnait forcément l'idée de chaleur. Or, ce soir, il faisait frais. Une légère brise faisait danser les arbres au gré de ses caprices et le soleil, bien que de plus en plus timide, éclairait encore le monde. C'était le temps idéal, donc, pour une première expérience. Ainsi, muni d'une serviette, de mon maillot de bain et d'un ballon (merveilleuse invention, soit dit en passant), je sortis de ma tanière et marchai en direction de la mer. Mes tongs claquaient l'asphalte à chacun de mes pas et je manquai plus d'une fois de trébucher sur ma serviette, mais j'étais suffisamment décidé à essayer « la plage » pour retourner chez moi.

Je finis par y arriver quelques minutes plus tard. Les rayons solaires se faisaient plus discrets et la lune commençait gentiment à montrer le bout de son nez, déployant son manteau d'obscurité. La plage était déserte. Demeurait par endroit des papiers, des chaussures oubliées, et même un porte-feuille que je vidai allègrement. Après tout, la personne l'ayant laissé là ne devait pas y tenir, uh ? Je fis le tour de la plage, marchant pied nu sur le sable fin et, étonnamment, j'appréciai. Ce n'était pas extraordinaire, mais c'était agréable et le spectacle du coucher de soleil me fascinait. Le nez levé vers le ciel, je ne fis donc plus vraiment attention à mon environnement et me retrouvai, sans que je ne sache vraiment comment, dans un coin plus reculé, entouré de végétations. Ce lieu était cent fois mieux que le précédent et je décidai d'y poser mes affaires. J'étalai donc soigneusement ma serviette, jusqu'à ce que pas un pli ne la froisse (maniaque ? non...) et laissa également mes tongs à ses côtés.

Le ballon coloré sous le bras, je mis un pied dans l'eau et lâchai un soupir en sentant sa fraîcheur. Uuuh, c'était franchement le pied. Je ne mis donc pas longtemps à y plonger et nageai tranquillement, jusqu'à ce que je n'aie plus le fond. Je jouai également un moment avec le ballon puis finis par m'en lasser. Je retournai où mes pieds touchaient le sol et avançai jusqu'à sentir l'eau au niveau de mes hanches. Levant les yeux, j'observai ainsi silencieusement le soleil se faire dévorer par la nuit et, petit à petit, les étoiles apparaître une par une. Le vent faisait voler mes cheveux et me donnait légèrement la chaire de poule, mais pour rien au monde je ne rentrerai à la maison maintenant.

« Au final, c'est pas si mal, la mer...»
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Houston J. Allen

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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Mar 22 Sep - 5:00


Est-ce que vous aimez les lapins? Moi, je les trouve adorables, avec leurs longues oreilles touffues qui se dressent au sommet de leur crâne, à l'affut, avant de se rabaisser sous la peur, se plaquant contre leur tête. Ils détalent au moindre son suspicieux, sautillant comme si la peste était à leur trousse, comme si la faucheuse avait sa lame pressée tout contre leur petit cou. Ils sont à croquer. Malgré tout, malgré l'amour que je pouvais leur porter, je n'aimais pas me faire poser un lapin. À ces moments-là, soudainement, ces bestioles étaient beaucoup moins mignonnes, beaucoup moins attrayantes. Dès lors, je n'avais qu'envie de leur offrir un charmant coup de pied, de les envoyer valser et valdinguer. Tout comme à cet instant précis. Je ne rêvais que d'une chose : les dévorer, les manger alors que leur tendre viande grillerait doucement sur des brochettes. L'odeur, certes volatile et imaginée, venait même taquiner mon nez, chatouillant malicieusement mes narines. Machinalement, je me pourléchai les lèvres, retraçant au passage mes canines. Tiens, ça faisait longtemps que je n'en avais pas dégusté d'ailleurs, peut-être que j'en ferais pour mon prochain repas. Ça devrait aussi plaire à Enzo, ce n'était pas comme si nous en mangions tous les jours. Je ne dirais pas que ça valait la peau des fesses, mais c'était loin d'être gratuit. Enfin, je ferais d'une pierre deux coups. Je passerai ma frustration sur la pauvre bête et mon cadet aura un menu un peu plus diversifié. Parfait.

Pour l'unième fois, je lançai un coup d'œil à l'écran de mon téléphone, les breloques se secouant au passage, laissant des cliquetis métalliques résonner. Allez, rends-toi à l'évidence Allen, elle ne viendra pas, elle t'a fait faux bond. À nouveau, je regardai tout de même ma boîte de réception, peut-être que je ne l'avais pas senti vibrer ni entendu. Sauf qu'il n'y avait rien, aucun nouveau texto depuis la dernière fois. J'espérai naïvement qu'il y aurait cette notification, que mon regard serait attiré par ce clignotement. Seulement, il n'y en avait pas eu. Elle ne répondait pas à mes textos, il fallait croire. Et j'hésitai même à lui en envoyer un autre, un quatrième. Fermant les yeux, je soupirai en glissant l'objet lourd dans les maigres poches de mon maillot de bain, juste à côté de deux lolipops, l'un à la fraise et l'autre à la framboise. Elle avait bien dit qu'elle aimait les petits fruits et j'en avais donc pris à cette saveur. Passant une main dans mes cheveux, je renvoyai mes longs cheveux blonds vers l'arrière, la brise fraîche les ramenant sans cesse vers l'avant, mais je rechignai à les attacher. Je me battrai avec la brosse et les nœuds plus tard.

Tant pis. Tu te fais enfin à l'idée, hein, Allen? Même si je n'avais pas envie d'y croire, je devais l'accepter un jour ou l'autre. Après presque deux heures de retard, il était peu probable qu'elle pointe le bout de son nez. Tu venais de te prendre un râteau. Ça faisait un moment que ce ne m'était pas arrivé et c'était toujours aussi dur à digérer. Si au moins elle avait eu la décence de ne pas me faire poireauter et d'inventer une quelconque excuse pour son absence, j'aurais pu plier bagage et retourner à la maison, retourner où était Enzo. Cependant, non, j'étais toujours planté là, droit comme un piquet, une serviette de plage sur les épaules, sur mon t-shirt blanc, mes tongs ensevelis sous le sable. Il était devenu froid, depuis que le soleil s'était camouflé à l'horizon, depuis que les reflets rougeâtres avaient cessé de miroiter sur l'eau. Nous étions censés admirer le coucher du soleil à deux, s'y émerveiller. Pas de la plage, non, je l'aurais emmenée plus loin, dans ce petit coin de paradis que je connaissais à l'écart. C'était un petit îlot magnifique, presque magique même. Tant pis, elle s'en passerait, car je ne l'inviterais plus. Pose-moi un lapin mon cœur et je t'en poserais un à mon tour. Un petit peu rancunier.

J'hésitai entre partir et rester un peu plus longtemps. Finalement, je décidai de m'y rendre, à cet endroit, tant qu'à déjà être présent. C'était désert à cette heure-ci. Même s'il faisait chaud, chaud à en crever même, la nuit était bien plus fraîche avec le vent qui se levait, les gens préférant alors délaisser l'endroit pour les maisonnées ou, tout du moins, l'intérieure des terres. Dans mon cas, j'en profitai pour humer l'air maritime, nous étions sur un Archipel après tout. C'était l'océan qui s'étendait devant nos yeux et à perte de vue. Enfin, si l'on veut, après la mer norvégienne. Silencieusement, je me faufilai donc jusqu'à ce petit coin, la végétation se faisant plus dense et c'était peut-être pour cette raison que les gens ne tentaient pas de s'y aventurer. Pourtant, il suffisait de passer quelques branchages pour que notre chemin débouche sur ce merveilleux endroit. M'approchant, j'évitai agilement les épines, les branches capricieuses et la boue, n'ayant pas envie que mes tongs y restent coincées. C'était déjà arrivé par le passé. Toutefois, plus je m'approchai, plus je discernai un certain clapotis, comme si on s'y baignait. Je me fis alors plus discret, marchant à pas feutré - autant que je le pouvais avec ces choses dans les pieds.

Et, en effet, je pus alors apercevoir une personne désormais faiblement éclairée par la lune, ses cheveux blancs éclatant dans ce tableau presque féérique. Avec nonchalance, je m'assis alors, posant mes fesses sur la mousse qui avait pris d'assaut les rochers. Il y avait une certaine inclinaison de roches brunies, un peu comme si elles avaient été empilées les unes par-dessus les autres, créant une vague de plis, jusqu'à atteindre le sable fin.  La pente était douce, tout sauf abrupte, et j'observai l'arc que ce morceau de terre dessinait autour de l'eau, imitant une demi-lune. Il ne formait pas un rond complet, s'ouvrant ainsi vers le fond pour permettre à la mer d'envahir les lieux. Aux mots que j'entendis de sa part, bercés par le vent, je ne pus m'empêcher de sourire, pouffant quelque peu. C'est vrai que, la mer, au fond, c'était charmant.

- Et c'est même davantage mieux en la compagnie d'autrui.

Que je me permis de dire, une risette taquine ourlant mes lèvres, mes yeux bleutés posés sur son dos, ses épaules à la peau laiteuse. Je plongeai ma main dans l'une de mes poches, rajoutant :

- Tu veux un lolipop? La personne à qui il était destiné ne s'est pas pointée et je n'ai pas le palet assez sucré pour en grignoter deux.

Et, à ses dires, je sortis celui aux fraises, toujours bien emballé dans cette forme ronde qui lui seyait si bien, lui tendant du haut de mon perchoir, tandis qu'il était bien loin de moi, à quelques mètres. Ce n'était qu'une petite marche à faire pour s'en accaparer.
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Lun 28 Sep - 21:04

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Il faisait frais ; le vent jouait agréablement dans mes cheveux, les faisant voler et s'emmêler, mais la sensation de l'air marin et de l'eau caressant mon corps était plaisante. J'étais à l'aise et, étonnamment, ne trouvais rien à dire de mal sur la plage. Je pouvais comprendre le plaisir des gens à y aller, mais j'avais tout de même plus de peine concernant le fait qu'ils étaient capable de s'entasser les uns sur les autres dans le seul but de profiter de la mer… et comment ils pouvaient supporter la consistance déplaisante et collante de la crème solaire, de son odeur… erk. Non, je n'arrivais pas à intégrer le fait que les gens normalement constitués préféraient le soleil et le bruit agaçant des enfants barbotant dans l'eau…

Une voix me sortit de mes pensées, mais je ne sursautai pas, retenant le soubresaut de mon corps avec une certaine maîtrise. Je n'avais pas entendu ce gars arriver, beaucoup trop pris par mes divagations futiles. Tournant le visage, mais demeurant dos à lui, je le détaillai de bas en haut, un instant plongé dans ses prunelles azurées. Cet homme possédait de bien jolis yeux, ils me rappelaient un peu la couleur des lacs de Norvège, lorsqu'un timide rayon solaire venait les faire tendrement miroiter. Un élan de nostalgie me prit à cette pensée, mais je l'écartai d'un geste imaginaire de la main, préférant m'approcher de ce blondinet pour savoir ce qu'il me voulait. Je perdis légèrement contenance en avisant une lolipop dans sa main, parfaitement ronde sur le dessus, entourée dans un petit papier ayant, à mes yeux, plus l'air d'un papier cadeau qu'autre chose. Un sourire fleurit sur mes lèvres tandis que je tendis la main, prenant cette friandise aromatisée à la fraise entre mes doigts agiles, la faisant habilement tourner entre eux, comme un adolescent ennuyé par ses cours le faisait avec un stylo. Je pourrai m'amuser avec un certain moment, mais cet homme me retint de me laisser aller à mes jeux enfantins. Alors, tranquillement, je redressai la tête et remarquai sans peine qu'il était plus grand que moi, comme une grande majorité des gens que je croisais. Je ne complexais toutefois pas, du moins, tant qu'il n'y avait point de remarques à ce sujet.

« Merci… Elle n'est pas empoisonnée, n'est-ce pas ?»

J'arquai mon sourcil gauche d'une manière presque aristocratique alors que, avec lenteur, je déballai ma lolipop de son emballage rougeâtre. Une fois dénudée, je passai consciencieusement le bout de ma langue autour de cette boule sucrée, la goûtant avec gourmandise, appréciant même son goût un peu industriel, puis la mis finalement en bouche, les yeux brillants. J'aimai décidément trop les sucreries et, même si ce n'était pas du chocolat, ça me faisait plaisir. Vraiment, si des gens offraient souvent des choses à la mer, j'irai plus souvent.

« Je pense que la mer est plus agréable lorsque l'on est seul pour en profiter… Tu es du genre à aimer t'entasser sur les autres, avec une serviette, pour griller au soleil ?»

Oups, cela m'avait échappé. Enfin bref, ce n'était pas vraiment important. Mordillant légèrement ma lolipop, je m'éloignai un petit peu de lui, regardant d'un oeil presque inquiet mon ballon partir à la dérive et s'éloigner de plus en plus. Décidément, ma « préférence » pour les objets ronds allait m'ôter toute crédibilité. Je lâchai sans aucune gêne, plus par simple défi que par réelle envie de construire une amitié ;

« Je me demande qui serait le plus rapide...»

Désignant du menton le ballon coloré, je coinçai ma lolipop entre mes dents tandis que je m'élançai en sa direction, n'hésitant pas à plonger pour entamer un crawl savamment maîtrisé. Je ne me fatiguai pas trop, préférant les mouvements amples et puissants à des plus rapides et inutiles, fatiguant plus qu'autre chose…. L'eau était vraiment mon domaine, je m'y sentais presque à ma place, aussi stupide cela puisse paraître. Peut-être cet étrange blondinet ne me suivrait pas, mais ce n'était guère important. Tant que j'avais mon ballon, uh…
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Sam 10 Oct - 14:11


Nous étions chanceux, nous avions le droit à une belle soirée, une douce brise et une chaleur confortable, bien que la balance penchait légèrement pour le côté plus frais de la nuit. Enfin, je ne détestais pas un peu de fraîcheur, tant que ce n'en était pas glacial, c'était même fort apprécié, surtout après des heures sous le soleil tapant dans l'attente d'un lapin. J'espérais vainement que, demain matin, je ne serais pas couvert de coups de soleil de la tête aux pieds. Je me doutais que ma nuque allait brunir et que l'arrière de mes oreilles allait hurler à l'infamie. Au moins, je ne portais pas de lunettes, ça ne serait donc pas insupportable. Du moins, je le souhaitais. Finalement, je m'étais tout de même rendu à mon petit ilot paradisiaque, croyant qu'il serait désert jusqu'à apercevoir cet autre personnage, ce petit blanc. J'en avais été surpris, ce coin était si peu fréquenté. Quant à lui, il ne sembla pas plus étonné que je l'interpelle, se retournant tout bonnement vers ma personne, seulement la tête. Il n'avait pas sursauté, il était resté bien droit, se tenant debout dans cette eau. Peut-être ne m'avait-il pas entendu? Ou peut-être était-il de ces personnages à sang-froid qui ne sursautaient jamais, peu importe ce que l'on essayait?

Pour une raison ou un autre, je lui avais tendu une de mes lolipops, le lui offrant. C'était peut-être un moyen de vanter ma frustration en offrant ce que j'aurais dû lui offrir à d'autres. Je me débarrassais en somme de ce qui me liait à elle. C'était un peu enfantin, je l'accorde, mais cela apaisait plus qu'on ne pourrait le croire. Pour mon plaisir, il s'approcha et la prit, me dépouillant de cette relique devenue bien futile. Son commentaire me fit aux premiers arquer des sourcils, me retenant dès lors de rire pour lui rétorquer le plus sérieusement possible, d'un visage impassible et dénoué de toute moquerie :

- En effet, elle n'est pas empoisonnée, elle est droguée au GHB.

Je me contins aussi longtemps que je pus avant d'éclater d'un léger rire. Doux, agréable, il était même bien plus bienfaisant que mes gamineries. Je fis un geste de la main nonchalant, puis je le rassurai juste au cas où :

- Ne t'en fais pas, c'est seulement une friandise comme une autre.

Droguer quelqu'un ne m'était d'ailleurs jamais passé par la tête, c'était quelque chose qui me dégoûtait. Sauf que cela ne m'empêchait pas de blaguer sur le sujet comme plusieurs autres. Tandis qu'il déballait ladite friandise, j'en fis de même avec la mienne, ayant toutefois un peu de difficulté avec l'emballage qui me menait la vie dure. Une petite guerre s'installa entre lui et moi. Après quelques combats acharnés, je terminai par retirer ce bout de plastique, ce qui me désignait dès lors comme le grand vainqueur, alors que lui avait déjà commencé à le suçoter. Je m'étais empêché de me pourlécher les lèvres sous son manège consistant à goûter de sa langue la sucrerie, effectuant ces mouvements pour le moins provocants. Il ne semblait pas s'en rendre compte et s'il en avait conscience, il cachait bien son jeu, je dois l'admettre. Pour mon cas, je me contentai tout bonnement de l'englober directement de ma bouche, ne tournant pas autour du pot. Je la goûterais bien une fois sur ma langue et écrasée contre mon palais. La saveur de framboise ne tarda d'ailleurs pas à envahir mes papilles gustatives et je la glissai d'un côté, la coinçant dès lors entre ma joue et mes dents, ce qui créait une certainement une bosse vue de l'extérieur. Ce devait être charmant.

- Pas vraiment en fait...

M'entasser avec les autres? Très peu pour moi. Je préférais les observer de loin ou, plutôt, me cacher dans ce petit coin de paradis à l'abri des autres et de la surpopulation. Quant à la crème solaire, j'évitais en réalité d'en mettre et je supportais les coups de soleil que cela engendrait. Enfin, quand j'en avais. Je n'en attrapais pas aisément et, de plus, j'étais simplement incapable de supporter l'odeur. Mon nez me piquait et j'avais envie de vomir. Du coup, je préférais encore plumer que me rabattre sur ce produit qui empestait. Il était nauséabond pour mon fin odorat. Puis être un homard ambulant n'était pas non plus dans mes projets, on pouvait alors oublier la grillade sur la serviette.

J'aperçus son regard se perdre vers la mer et j'en fis alors de même, remarquant ce ballon dériver sur les vagues. Ce devait être à lui, cet air inquiet me mettait sur la voie. Soudainement, il me lança ce léger défi, s'élançant dès que les paroles eurent terminé de franchir ses lèvres. J'en arquai alors les sourcils, me dépêchant donc de retirer mon t-shirt, le lançant au sol avant de fouiller dans mes poches et d'en sortir les objets qui n'aimaient pas beaucoup l'eau. Dès que je mis la main sur mon téléphone, il vibra dans ma paume et j'en fronçai un peu plus les sourcils, l'afficheur me révélant que mon petit lapin avait finalement daigné me répondre. Sans hésiter, je balançai mon portable aux côtés de mon haut, la lolipop allant rejoindre mes effets personnels. Je n'avais pas envie de m'étouffer en plongeant dans la mer.

- Espèce de tricheur!

Que je criai d'une voix forte à l'autre homme avant de m'élancer. Je ne me dirigeai pas immédiatement vers la mer, me dirigeant plutôt vers cette petite falaise. J'avais délaissé mes tongs, manquant de les lancer quand mes pieds les quittèrent, et je m'étais alors mis à courir, forçant mes jambes à maintenir un rythme rapide, une cadence essoufflante jusqu'à ce que j'arrive à un cul-de-sac, à la limite entre la terre et l'eau. Sous mes pas, la terre brune puis le sable fin avait virevolté, dansant un instant dans les airs sous mon passage. Je connaissais la profondeur de la mer à cet endroit et je savais que je pouvais plonger sans danger. Enfin. Plus ou moins. Ainsi, sans hésiter, je sautai, prenant dès lors une certaine longueur d'avance de par où j'avais plongé. Je l'imitai alors, me lançant dans un crawl contrôlé. Étrangement, je m'étais laissé emporté par le défi, par une petite fierté qui me prenait de court, et je m'en amusais. Alors, jeune inconnu, qui gagnera?
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Mer 14 Oct - 17:41

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Droguée au GHB, hein ? Mes lèvres se relevèrent en un léger sourire amusé, bien que je ne comprenne pas vraiment en quoi me droguer avec cela était nécessaire. Je n'étais pas un canon de beauté, j'étais même plutôt dans le genre nabot, alors je ne voyais pas l'intérêt de me donner cette fameuse « drogue du violeur ». Et puis, cette drogue ne devrait même pas s'appeler ainsi puisqu'elle n'avait aucun effet aphrodisiaque ! Elle ne créait qu'une déshinibition sexuelle totale et endormait quelque peu, à cause de son effet sédatif. Enfin bon, ce n'était pas vraiment le sujet et il n'était jamais mauvais de plaisanter un peu, alors je partageai son amusement en ajoutant ;

« Si c'est le cas, la tienne aussi non ? Les emballages sont pareils, tu pourrais t'être trompé… »

Je lui lançai un petit regard taquin, reprenant toutefois rapidement mon sérieux en remarquant mon ballon partir à la dérive. Je lui donnai donc ce défi dissimulé derrière des mots rapidement prononcés et m'élançai à toute vitesse, n'aimant pas perdre. Quelle ne fut pas ma surprise en remarquant qu'il n'était pas derrière moi ! Un rictus satisfait naquit sur mon visage alors que je continuais de nager le plus rapidement possible, me rapprochant de plus en plus de cet objet rond si cher à mon coeur. Il s'était dégonflé et n'avait pas voulu mouiller ses pauvres petons !

Il ne restait plus qu'une vingtaine de mètres entre l'objectif et moi lorsque j'avisai le blondinet sur une falaise. Mon visage se désagrégea en le voyant sauter et prendre une nette avance sur moi, je n'hésitai donc plus à me transformer en panthère des neiges dans le but de gagner encore plus de vitesse. Il n'y avait aucune règle, alors pourquoi s'en priver ? Je détestais perdre et n'allais certainement pas le laisser gagner si aisément. J'avais, d'ailleurs, senti que j'avais affaire à un métamorphe, il ne serait donc pas terrifié par mon changement soudain d'apparence. Un humain aurait sûrement fait une crise cardiaque en remarquant qu'une panthère le pourchassait… Je l'avouais ; ça aurait pu être amusant.

Je tentai donc de gagner cette avance perdue grâce à mes épaules et à mes pattes antérieures très musclées, me déplaçant dans cette étendue salée avec facilité. Ma fourrure tricolore colla rapidement mon poitrail, mais je n'en fis pas grand cas. J'avais même abandonné ma lolipop (et mon maillot de bain, accessoirement) qui devait, à l'heure actuelle, reposer au fond de l'eau. Triste, j'avais laissé tomber ma friandise…

Lâchant un petit rugissement proche d'un rire, ou peut-être d'un avertissement, je remarquai le blondinet non loin. Si mes pattes atteignaient le sol sablé, j'aurai sans doute profité de ce fait pour lui sauter dessus et lui faire boire la tasse, me vengeant par la même occasion de cette avance certaine… mais je ne pouvais le faire, le sol devant se situer quelques mètres plus bas. Je n'étais plus qu'à deux mètres de lui, mais le ballon se rapprochait de nous à chaque vague. Cet homme allait l'avoir avant moi et, à cette idée, mes babines se retroussèrent, dévoilant mes dents aiguisées… Je refermai cependant vite la bouche, n'appréciant pas vraiment le goût du sel.
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Lun 19 Oct - 6:22


Ma blague que l'on pourrait qualifier de déplacée sembla bien passer, être bien accueillie si j'en jugeai son sourire. En réalité, c'était loin d'être tout le monde qui était à l'aise avec ce type de blague. Plusieurs auraient crié à l'indécence, à la méchanceté. Certains, trop empathiques à leurs dires, m'auraient par ailleurs répliqué que je devais penser à ses pauvres filles qui avaient été violées sous cette drogue. Parce que, évidemment, les hommes, eux, ne pouvaient pas se retrouver avec du GHB dans leur verre. Ce type de personne m'irritait royalement, m'arrachant de ces sourires hypocrites, cependant, la risette qui étira mes lèvres suite à ses paroles fut sincère, un petit rire l'accompagnant même. Il avait une bonne répartie le petit, il réfléchissait rapidement. Toutefois, je n'étais quand même pas stupide, je n'aurais jamais mélangé deux sucettes, surtout si l'une pouvait m'envoyer dans le monde de l'inconscience. Malgré que... j'imaginais bien quelques agresseurs avoir fait l'erreur par le passé, s'être trompé dans leur tromperie. C'était assez amusant, comme idée.

- Oh, je suis démasqué. Tu es trop intelligent pour moi, il semblerait.

Que je taquinai d'un clin d'œil, suçotant la sucrerie, l'enrobant de ma langue en l'observant de mon perchoir. Puisqu'il ne semblait pas s'offusquer d'un rien, je me permis de le taquiner légèrement. Puis, il me lança ce défi qui m'avait franchement pris de court tout autant que surpris. Je ne m'y attendais pas et je battis un instant des cils en le contemplant filer vers l'eau avant de me dévêtir. Le petit tricheur qui commençait avant moi. Puisqu'il trichait en premier, il n'y avait aucun mal à ce que je triche un petit peu à mon tour? À ce que je profite de l'avantage du terrain? Au fond, ce n'était pas même tricher. Ce n'était qu'être stratégique. Il avait seulement dit de l'atteindre, il n'avait pas précisé le moyen. Ainsi, je pouvais m'élancer à ma guise de la falaise au lieu de m'épuiser en nageant. Mon corps entrant d'un coup dans l'eau, un son mat se faisant attendre, tandis que je ressentais ces picotements désagréables prendre d'assaut ma peau. J'admets, c'était un peu trop haut et je n'étais pas un plongeur professionnel. Je savais bien nager, certes, même si l'eau avait tendance à m'horripiler, gêne de félin obligeait, toutefois, je ne passais pas mon temps à sauter en bas de plongeons ou de falaise escarpée. Ici, je l'avais fait quelquefois. Seulement pour impressionner ma conquête. La première fois que j'avais pris mon courage à deux mains et que j'avais bondis, ça avait fait un mal de chien et j'avais eu mal au ventre pendant un long moment. J'ai tout de même recommencé une semaine plus tard.

Je ne me gênai donc pas pour prendre de l'avance, me lançant dans un crawl de plus en plus rapide, évitant de jeter un coup d'œil derrière moi. Ce petit geste me ralentirait et je n'avais pas de temps à perdre. Le goût salé de la mer ne tarda pas à hanter mes papilles gustatives, alors que mon nez se plissait sous la sensation désagréable. Je ne remarquai pas immédiatement qu'il s'était transformé, qu'il s'était changé en la bête qu'il était. Évidemment, je savais que c'était un métamorphe. Je l'avais su dès qu'il s'était rapproché de moi, dès que son odeur était venue danser près de mes narines. Ce n'était pas celle d'un humain, mais pas non plus celle d'un sac à puces. Je pensais que c'était probablement un autre félin et je pus vérifier mon hypothèse lorsque je l'entendis rugir. Ça ressemblait à un rire et c'en était en somme presque un. Tout du moins, à mes oreilles. Ce ne serait probablement pas le cas pour un banal humain. Je me retins de rigoler et je ne cessai certainement pas de nager pour si peu. Toutefois, pour ma part, je ne pris pas ma forme animale. Disons que j'en deviendrai désavantagé vu ma petite taille et je tendis enfin la main pour attraper le ballon que les vagues avaient bercé jusqu'à moi. Je le ramenai contre mon torse, le souffle court et effréné. Je n'y étais pas allé de main morte avec les efforts et ma respiration en pâtissait.

Triomphant, je secouai l'objet, restant sur place en ballottant des pieds pour éviter de couler. En réalité, je n'ai jamais aimé cette sensation de vide sous moi, cette impression de pouvoir couler et de disparaître à jamais. C'était perturbant de ne pouvoir se raccrocher à quelque chose, d'être tout bonnement relâché dans la mer. C'était immense, un peu trop à mon goût, et maintenant que le thrill était terminé, j'avais déjà hâte d'être de retour à la plage. Pas que je le laissais paraître par contre.

- J'ai gagné, ma petite panthère ♥

Que je me moquai doucement, tirant la langue avant de grimacer quelque peu sous le sel. Sérieusement, ce goût était affreux. Me laissant guider par les vagues, je me rapprochai de lui, allant glisser mes mains sur son pelage tout en coinçant le ballon sous l'un de mes bras, m'y agrippant doucement en murmurant dans le creux de l'une de ses oreilles touffues d'une voix quelque peu pantelante :

- Dis, tu me ramènes?

Ce serait beaucoup plus rapide s'il était celui qui nageait. Il était sous sa forme de panthère, sous une forme plus robuste que la mienne. Quoique si je prenais mon apparence de serval, je serais seulement balayé par les vagues. Je n'avais pas encore envie de me noyer. Elles devenaient d'ailleurs de plus en plus fortes, annonçant la marée haute. Heureusement, mes objets étaient posés en hauteur, sur des versants des roches à quelques mètres du sable.
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Sam 24 Oct - 12:14

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Je soupirai doucement en le voyant se rapprocher de moi, s'accrochant à ma fourrure trempée par l'eau salée et désagréable de la mer. Une fois sur la plage, il allait falloir que je retienne mes pulsions d'animal, je ne désirais sincèrement pas me nettoyer avec la langue, n'appréciant pas vraiment le goût du sel sur mes papilles gustatives. Mes oreilles touffues se plaquèrent vers l'arrière tandis que je grognai doucement à son égard, produisant un son rauque et menaçant. Je n'étais pas un taxi ! Mais au vu des vagues devenant de plus en plus violentes, je décidai tout de même de me montrer gentil pour une fois dans ma vie... Surtout que sa voix rendue pantelante par l'effort m'indiquait qu'il devait être exténué. Ainsi, pour une des rares fois de ma vie, j'aidai quelqu'un en nageant en direction de la plage, me laissant à moitié porter par les vagues. Ce type possédait mon ballon et, bien qu'il m'en coûte de l'avouer, il avait gagné.

Mauvais perdant, je m'appuyai de tout mon poids sur lui, un peu avant qu'il ne puisse mettre les pieds sur le sol sableux empli de coquillages. Je le poussai donc sous l'eau et l'y maintins quelques secondes à l'aide d'une de mes grosses pattes, prenant cependant garde à garder les griffes rentrées. Mes babines parurent se redresser en un semblant de rictus moqueur tandis que je finis par le redresser, l'attirant contre mon corps chaud à l'aide de mes paluches avant. Voilà, j'avais eu ma vengeance. Je pus donc le tirer sur le banc de sable fin. Il faisait presque nuit, le soleil avait été dévoré par les vagues montantes, mais je m'en fichais comme d'une guigne.

Une fois sur le sable, je le laissai allongé, les pieds dans l'eau, alors que je m'ébrouai à ses côtés, faisant tout pour le gicler un maximum. Je m'assis ensuite non loin de lui, enroulant ma queue trempée autour de mes pattes et passai un coup de langue machinal sur mon poitrail... Mauvaise idée, le sel envahit mes papilles et me donna un instant la nausée.

Je n'étais pas particulièrement pudique, mais j'appréciai la sensation du vent s'engouffrant dans ma fourrure. Je terminai toutefois par me transformer à nouveau en le fixant d'un œil sévère, assis en tailleurs, les mains croisées sur mes cuisses, cachant à son regard ma nudité. Ma serviette n'était pas très loin, j'irai la chercher lorsque je rentrerai pour me dissimuler un minimum ; pas sûr que les gens apprécient de voir une personne se promenant nue dans les rues.

« Tu as peut-être gagné, mais tu as triché... Tu connais cet endroit mieux que moi ! Je demande réparation. »  

Moi, de mauvaise foi ? Absolument pas, voyons. Quelle idée...
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Mer 11 Nov - 21:51


Lentement, je sentais les frissons prendre d’assaut ma peau et les petites bosses y apparaître sournoisement. Elles longeaient mes bras, mon visage, mon cou et mon torse. Les pauvres étaient exposés au vent, désormais ni protégés par un mur d’eau ni réchauffés par les rayons du soleil. Je me doutais que mes lèvres ne tarderaient pas à se teinter de bleu, moi qui n’avais jamais très bien supporté le froid. C’était probablement hérité des gênes de serval, lui qui vivait en Afrique. Étrangement, ce continent ne subissait pas les vagues de fraicheur d’ici. Sérieusement, je me demande bien comment notre espèce de métamorphe a atterri sur cet Archipel. Il faudrait que je pense à demander à mes ancêtres un de ces jours, quand je mourrai et passerai dans l’autre monde. Pour l’heure, oui, ça me semblait être une question existentielle. Dès que la température s’abaissait, je râlais quelque peu. Je détestais le froid, je le haïssais et quand je n’aime pas quelque chose, souvent, cela se sait rapidement. Même si, là, mon corps grelottant et mes dents commençant à s’entrechoquer m’empêchaient de pester à haute voix.

Plutôt, je m’étais rapproché de la panthère beaucoup plus massive en cette forme, et ce malgré ses grognements de mécontentement. Allons bon! Je ne demandais pas la lune, seulement un moyen de transport un peu plus rapide, histoire que je sorte de cet enfer bleu, presque noir maintenant que la voûte étoilée faisait son apparition. Et, peut-être, je cherchais aussi un peu de chaleur contre cette fourrure blanche. Même trempée, j’y trouvais une certaine douceur réconfortante, quoique l’odeur restait assez rebutante. Je vins m’y agripper d’une main, l’autre tenant fermement son ballon et je ne pus m’empêcher de sourire quand, bon gré mal gré, il accepta de jouer au taxi. Un brin amusé, je vins déposer un baiser contre sa joue poilue, soufflant autant que ma respiration saccadée et haletante me le permettait :

-Merci, tu es un amour ♥

Seulement, je ne m’attendais à ce qu’il me fasse boire la tasse d’eau une fois près du rivage, mes pieds touchant à peine le sol quand ce petit chenapan décida de m’écraser de son poids. Il n’était pas tout à fait léger, le bougre! J’avais la bouche ouverte lorsque je plongeais la tête malgré moi, avalant pour mon dû le liquide salé. Le goût était insupportable et plus que respirer, je voulais recracher cette gorgée et m’essuyer les bambines comme la langue. Surpris, c’était le mot. Je ne sus comment réagir aux premiers abords et, instinctivement, ma queue comme mes oreilles félines apparurent. L’une rentrée entre mes jambes, les autres baissées et collées contre mon crâne, tremblotantes. La peur eut le temps de se frayer un chemin en moi, l’incertitude me tourmentant l’esprit, tandis que les battements de mon cœur battirent la chamade. Attends, il n’était pas en train de me noyer là, si?

Et bien non. Après un court moment, il cessa finalement de me maintenir sous l’eau, me redressant et me ramenant contre lui. Les yeux écarquillés, la pupille finement dessinée en ovale, je toussotai. Une, deux, trois, quatre, cinq fois. Ma gorge devenait douloureuse sous la quinte de toux, alors que mon nez se plissait sous une grimace dégoûtée. Le goût. Encore. J’étais, de base, plus sucré que salé, ce qui rendait l’expérience d’autant plus désagréable. Fronçant les sourcils, je grognai en retroussant légèrement la lèvre supérieure, une canine blanche et affilée se dévoilant.

-Sérieux! J’ai cru que tu allais me noyer, la mauvaise blague!

Mon souffle était désormais davantage pantelant, lui qui avait été coupé pour un court moment, et je n’eus le cœur de protester, me laissant emmener jusqu’à la berge et préférant me blottir contre cette chaleur si tentatrice. Voilà que je tremblotai bien plus qu’avant à cause de son petit manège, de son petit jeu. Merci beaucoup!

Allongé sur le sable fin, celui-ci ne tarda pas à se coller à ma peau, devenant un certain mélange de boue. Ma poitrine se soulevait rapidement, tandis que je prenais cette position d’étoile de mer, fermant les paupières avant de les rouvrir lorsque monsieur commença à se secouer et à m’arroser au passage. Machinalement, je levai mon bras pour au moins protéger mon visage, puis je lui lançai son ballon dégonflé d’un geste rapide. Ce n’était pas fait avec violence, n’y mettant pas toute ma force, loin de là. Même si en ce moment, de toute façon, elle n’était pas réellement à craindre.

-Argh! Mais bon sens! Avoues que tu le fais exprès!?

Ma voix se voulait agacée, mais elle se prêtait davantage à la rigolade qu’à la colère. Mes yeux ne purent s’empêcher de l’observer, souriant d’autant plus lorsque je le vis se lécher le pelage. Ha! Justice rendue!

-Délicieux, n’est-ce pas?

Que je lançai, taquin, et me permettant de le contempler à loisir quand il reprit forme humaine. Roh, dommage, il cachait sa nudité, m’empêchant de l’observer et d’assouvir ma soif de curiosité. Enfin. Il était tout de même bien découvert et c’en était alléchant. Je m’en serais presque pourlécher les lèvres, sauf que l’eau salée y perlant m’en dissuada vivement. À vrai dire, je n’entendis pas tout de suite ses mots, ceux-ci prenant un moment avant de se rendre jusqu’à ma matière grise et d’être assimilés. J’étais un peu trop perdu dans ma contemplation. Une belle peau d’albâtre, illuminé faiblement par la lune et l’ombrage de tendres reflets bleutés. Des cheveux trempés, eux aussi d’une couleur pure. Ils tombaient sous le poids des gouttes, c’en était beau. Mais, au final, ce qui m’attirait était inévitablement ces iris rougeâtres. Ils détonnaient dans la pénombre, un peu comme ceux d’un fauve.

N’était-ce pas ce qu’il était, en réalité?

-Je crois que tu m’as assez fait payer pour ça! Et, en plus, il n’y jamais eu de règles à ce sujet, ce n’est pas de ma faute ♥

Que je rigolai, amusé de ce petit tempérament de gamin. Même s’il n’avait plus réellement le corps d’un enfant.
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Mer 2 Déc - 20:30

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Je ne réagis pas au baiser sur ma joue encore recouverte de poils, trop surpris pour vraiment ronchonner. Je n'avais pas l'habitude de recevoir ce genre de preuves d'affection, bien qu'il ne s'agisse pas véritablement de cela dans ce cas précis. Plutôt d'une… récompense, ou de quelque chose se rapprochant de cette idée. Cependant, le fauve en moi apprécia l'attention et, si je l'avais pu, aucun doute que j'aurais légèrement ronronné de plaisir. Fichu félin avare de câlins.

Vint ensuite le moment où je me vengeai de cet autre métamorphe en lui maintenant la tête sous l'eau. N'ayant cependant aucun désir de meurtre, je ne tardai pas à le remonter, mes babines se retroussant de moqueries en avisant ses oreilles mouillées et plaquées contre son crâne doré. Avait-il eut si peur de boire la tasse, pour que ses attributs bestiaux ne ressortent ? Je remarquai d'ailleurs qu'il s'agissait d'un serval, à la forme atypique de ses oreilles. Adorable. J'arrêtai malgré tout rapidement ma plaisanterie, le ramenant bon gré mal gré sur la plage, en bon taxi. Je l'abandonnai sur le sable fin et refroidi par les chapes vespérales recouvrant l'archipel ; il risquait de tomber malade, aussi peu vêtu. D'autant plus que sa race n'était pas vraiment une friande de froid, si je me souvenais bien. Mon opposé parfait.

Lorsqu'il lança mon ballon, je l'attrapai délicatement entre mes crocs, allant le déposer dans un coin où la marée ne pourrait pas me le retirer, avant de revenir vers lui. J'eus le malheur de passer un coup de langue sur mon poitrail humide d'eau saline et ce blondinet ne manqua pas ma moue dégoûtée. Je me contentai de grogner à son encontre, n'appréciant que très peu le goût envahissant mes papilles.

Doucement, je me transformai en humain, m'installant en tailleurs par habitude. Je remarquai son regard sur mon corps et retins un soupir ; ce regard-là n'avait rien d'innocent. Je ne comprenais cependant pas pourquoi une telle œillade m'était destinée. Je possédais un physique de demi-portion comparé à lui, bien que ma forme animale compense largement.

« Il n'y a jamais eu de règles, mais j'ai eu la gentillesse de te servir de taxi alors que j'aurais pu te laisser là-bas... »

Mes prunelles incarnates se posèrent sur lui avec condescendance, tandis que mes oreilles de panthère, survivantes régulières de ma transformation, frétillaient sur mon crâne. Je finis par me lever, ma queue blanche mouchetée de noir venant se placer devant ma virilité par égard pour la personne devant moi. Je savais par expérience que peu de gens appréciaient mon manque de pudeur et, bien que je sois relativement égoïste, j'étais d'humeur suffisamment aimable ce soir pour cacher un minimum mon sexe endormi. Je savais néanmoins qu'il pouvait en apercevoir la toison blanche ainsi qu'en deviner la taille, mais je n'étais aucunement homme à complexer à ce sujet. Je m'approchai de mon comparse avec lenteur, les pas légers. Ma main gauche plaça quelques-unes de mes longues mèches derrière mon oreille.

« Et tu vas tomber malade. Pas que je m'inquiète pour toi, mais un serval n'a pas vraiment sa place sur un archipel… »

Je m'arrêtai devant lui, les yeux plissés. Je devrais m'en aller, mais si j'étais venu sur cette plage, c'était tout d'abord pour profiter de la fraîcheur agréable de la saison. Mon corps possédait une température corporelle plutôt élevée, j'appréciais donc de pouvoir me relaxer sous les tendres rayons lunaires. Un léger son semblable à un miaulement de chat satisfait s'échappa de mes lèvres entrouvertes et je m'empressai de poser ma dextre sur celles-ci, espérant que le blondinet n'aura pas fait attention à ce son.

« Je ne ressens toujours pas les effets de tes fameuses lolipops au GHB. »

Quelle manière idéale de détourner la conversation….  
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MessageSujet: Re: Sous l'océan | Ft. Houston J. Allen ☼   Mer 6 Jan - 1:08


À vrai dire, je n'avais jamais aimé le salé, préférant l’amer ou le sucré. Là, j'avais bu la tasse et je grimaçai d'une manière certainement à mourir de rire. C'était dégueulasse. Vraiment dégueulasse. Je n'avais en tête que l'idée de me débarrasser du goût, quitte à manger un petit crabe cru - évidemment, cette envie m'était venue après qu'il m'ait enfin extirpé de l'eau, mes pensées étant auparavant orientées sur ma survie. Cette mauvaise blague! Au moins, il eut la décence de me traîner sur le sable fin où je me laissai choir, le corps couvert de frissons. La mer n'avait rien de chaud une fois la nuit tombée, même si le sable gardait encore un peu des relents de chaleur de la journée. Pourtant, ils deviendraient bientôt froids à leur tour, incapables de garder une température un tant soit peu élevée sans les rayons du soleil. En prime, les grains se collaient à ma peau et je devrais probablement me tremper à nouveau pour les déloger. Ou je pouvais aussi attendre jusqu'à l'appartement, laissant le sable et les vêtements se frotter l'un à l'autre tout en égratignant mon dos au passage. Très peu pour moi.

Ma queue féline, fébrile, battait l'air et le sol dans un petit rythme, tandis que mes oreilles tremblantes se relevaient doucement au même titre que mon regard. Je le fixai, étendue sur la plage en étoile, le souffle plutôt court. Mon maillot de bain, à l'arrière, avait légèrement descendu et on pouvait apercevoir le début de mon fessier - si je me levais, car, pour l'heure, j'étais couché dessus. La base de ma queue de serval avait besoin d'espace et elle ne se gênait pas pour la prendre. Elle détestait se retrouver prisonnière et préférait la liberté. Lorsque je lui lançai son ballon dégonflé et qu'il l'attrapa agilement entre ses crocs, je ne pus m'empêcher de siffler dans une fausse admiration, avant de taper mollement des mains et de railler, un peu moqueur :

- Superbe attrapée... Comme un chien ♥

Je ne sais s'il partageait mon horreur de l'espèce canine, toutefois, je le découvrirai certainement. Quand il avait repris sa forme humaine, je ne m'étais pas gêné pour le zieuter à ma guise. La vue était offerte, autant en profiter? C'est qu'il avait un corps bien alléchant, de ceux qui donnaient envie de les enlacer. Il était petit, il était mince. Ses hanches étaient parfaites pour qu'on y dépose nos mains et que celles-ci épousent leurs courbes. Allons bon! Je n'étais plus en chaleur, de telles pensées devraient être proscrites. Seulement, tant qu'on ne touchait qu'avec les yeux, il n'y avait ni problème ni mal, n'est-ce pas?

- D'accord, d'accord! Tu as raison, merci d'avoir joué au taxi et de ne pas m'avoir abandonné lâchement en pleine mer, m'observant de loin me noyer. Tu es le plus gentil des samaritains que je n'ai jamais croisé.

Je me moquai doucement, rien de bien méchant, et j'appuyais mes dires en tirant légèrement la langue, large sourire aux lèvres. Le tout était ironique, évidemment. C'était naturel, je crois bien, d'aider son prochain? Enfin, quand le prochain était moi, car lorsque c'était un autre, j'avais tendance à fermer les yeux. Les grandes personnes devraient être en mesure de se débrouiller seules comme de grandes personnes. Quant aux enfants, ils avaient leurs parents pour s'occuper d'eux. J'avais souvent d'autres chats à fouetter, de toute façon. Mon regard d'un bleu profond se posa dans le sien, s'y ancrant même, et je contemplai ce rouge vif, ce rouge qui contrastait avec sa peau d'albâtre et la pénombre. Il était celui qui accaparait l'attention, rougeoyant de mille feux. De vrais rubis. Et ces rubis approchèrent au rythme de ses pas, lui qui eut le malheureux réflexe de dissimuler ses parties génitales. J'aurais bien aimé les apercevoir, et ce en entier. Allons, je n'allais pas me plaindre, j'avais une excellente vue, surtout de ma position. Car, oui, je ne me redressais pas et je jouais à la paresse. Disons simplement que je reprenais des forces, les ayant entre autres épuisées durant notre petite baignade improvisée. Je m'y étais un peu trop donné. Au moins, avais-je gagné tel le tricheur que j'étais. À savoir si, au final, j'avais été le plus rapide de nous deux, ça, c'était une tout autre question.

Quand il fut tout près et qu'il me fit remarquer que je risquai de tomber malade sous le froid, je ne pus m'empêcher de me redresser vivement, le temps d'attraper ses poignets, et de l'attirer fermement vers moi. Je cherchai à le faire tomber dans mes bras et à l'enlacer fortement de ceux-ci comme je le ferai avec une énorme peluche. Je le considérai un peu de cette manière, d'ailleurs. Il avait la peau chaude, voire bouillante, comme celle d'un enfant. C'était réconfortant et, surtout, ça me réchauffait. Au contraire de lui, j'avais plutôt le corps gelé et il quémandait de la chaleur, chaleur que j'avais bien dans l'intention de lui voler. Plus qu'à espérer qu'il ne griffait pas et qu'il saurait garder ses griffes rangées. Autrement, bonjour les explications que je devrais offrir à Enzo et bonjour les éclats de rire que j'aurais en retour.

- Alors, viens ici et réchauffe-moi. Je ne tomberai pas malade de cette façon, hm? ♥

Ma voix se faisait maligne, taquine et mielleuse. Peut-être même un brin séductrice. Mais, bien sûr, je fus sage et gardai mes mains à des endroits décents, c'est-à-dire dans le bas et le haut de son dos. J'avoue toutefois que j'étais bien tenté à aventurer mes doigts plus bas. Mais ce serait quelque peu malvenu et je ne désirais pas essuyer un autre échec. Parlant d'échec, j'avais complètement oublié l'autre fille dont je devais me languir. Elle ne s'était pas présentée au rendez-vous, c'était de sa faute. Je n'avais, pour une fois, rien à me reprocher. Seulement, peut-être aurais-je quelque chose à me reprocher d'ici la fin de la soirée?

- Oh, ne t'en fais pas, elles prennent juste un moment à faire effet, ça ne saurait tarder.

Le tout était dit sur le ton de la rigolade, mes épaules se secouant même sous quelques rires, tandis que je tirai quelque peu la langue, évitant de toucher mes lèvres imbibées d'eau salée.

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